08/04 – Conférence – Only in America ? Les désillusions de la démocratie

Cinéconférence de Robin royer, dans le cadre du Festival Offscreen Liège. 

Présentation

L’optimisme des années 60, marquées par la révolution sexuelle, les mouvements pour les droits civiques et le premier pas sur la lune, prend fin brutalement: le massacre de Mỹ Lai au Vietnam, l’assassinat de Martin Luther King Jr. et de Robert Kennedy, les crimes de Charles Manson et la fusillade de l’université d’État de Kent mettent un point brutal aux idéaux de cette décennie. À l’été 1969, les Américains traversent ce qui s’apparente à une guerre civile, regardée par la majorité silencieuse comme une orgie de sexe, de violence et de drogue. La désillusion est totale lorsque l’embargo pétrolier imposé aux pays arabes accélère l’inflation et aggrave la pauvreté et le chômage. S’ensuit une véritable crise psychologique, marquée par les théories du complot et la paranoïa. Avec le retrait du Vietnam et la démission du président Nixon, commence une quête désespérée d’un nouveau récit national, qui ne se concrétisera qu’avec l’élection de Ronald Reagan en 1980. Avant cela, les années 1970 seront marquées par la commercialisation de la contre-culture, l’émergence des Black Panthers, une conscience de classe renouvelée et la fusion du show-business et de la politique en une machine à divertissement parfaitement huilée. L’élection de Ronald Reagan, acteur de série B au sourire toujours radieux, fervent évangélisateur d’un capitalisme glorifié et d’un patriotisme militarisé, soutenu par les médias et la devise « In God we Trust », marque l’avènement de l’idéologie néo-libérale dont nous vivons actuellement l’apogée. Grand acteur et illusionniste, Reagan parvient à étouffer toute information gênante et à camoufler la mainmise des puissances financières, militaires et post-industrielles sous une foi inébranlable dans l’illusion de l’exception américaine et de la liberté absolue. Grâce à cette réécriture de l’histoire, teintée d’une nostalgie des « Happy Days » des années 1950, Reagan écrit le conte d’une Pax Americana imaginaire.
 


Les années 70 sont une période charnière de transitions tumultueuses, qui se traduisent au cinéma par des représentations souvent contradictoires. Dans les salles de cinéma, les films catastrophes, l’horreur satanique, Dirty Harry et Rocky Balboa sont les rendez-vous des américains. Mais la multiplication des cinémas d’exploitation urbains et le bref âge d’or du Nouvel Hollywood, supposément indépendant, contrastent avec l’inévitable montée en puissance des superproductions financées par des capitaux-risqueurs, à l’instar des Dents de la Mer ou de Star Wars. La sélection de ce module thématique se focalise sur le paranoia thriller politique, une tendance née du scandale de Watergate.


Offscreen Liège est la délocalisation liégeoise, « mini-version du festival », du Festival Offscreen, qui se tient à Bruxelles du 11 au 29 mars.

Avec le soutien de La Bibliothèque des Littératures d’Aventure et de la Province de Liège – Culture.

INFOS PRATIQUES

Où : B3, 1 Place des Arts 4020 Liège

Quand : Mercredi 8 avril à 15h00

Prix : Gratuit

Présenté par Robin Royer